WAVNA FAIT BANDE A PART…

analogie bandes k7Depuis sa création en 2009, le duo de musique expérimentale associe matière sonore et chaleur des supports musicaux analogiques.

Combien de gens savent-ils qu’il suffisait de régler l’azimuth de leur tête (de lecture) pour obtenir instantanément de leurs cassettes audio un son cristallin riche en hautes fréquences à l’aide d’un simple tournevis? Trop peu, hélas, pour ce support injustement décrié. En effet l’alignement de la tête de lecture d’un magnétophone avec l’axe de défilement de la bande enregistrée varie parfois d’une cassette à l’autre entraînant une sorte d’étouffement du son à la lecture. Bon nombre y voyait une anomalie incurable alors qu’il n’en était rien! Ils se consolaient en écoutant des disques vinyles aux poussières bien craquantes, aux rayures ostinantes, et à la qualité de restitution déclinante au fur et à mesure de la progression du saphir sur le sillon (vitesse de défilement sous la pointe de lecture (en centimètres par seconde) allant décroissante vers le centre du disque).

Qu’entendent les gens par cassette? Si on se réfère aux stéréotypes véhiculés sur internet, la cassette n’est qu’une source de problèmes : sempiternelle «perruque» de bande coincée dans le lecteur, bande que l’on rembobine péniblement avec un crayon à la forme adaptée, recherche laborieuse des morceaux, etc …

L’utilisation de cassettes audio requiert, il est vrai, un minimum de soin. Elles doivent être préservées d‘un environnement agressif (poussière, humidité, températures extrèmes, magnétisme, vibrations). Le lecteur doit être régulièrement nettoyé et démagnétisé au niveau de ses têtes, galets, et cabestans. Tout ceci semble trop contraignant dans ce monde où tout doit être accessible «en un clic» (phénomène du zapping, interactivité, accès virtuel instantané, etc…) dans lequel on ne veut plus être confronté à l’objet, à la matière, et au phénomène de latence.

réglage azimuth

« Ne marchez pas dans la mode, ça porte malheur. » disait Pierre DESPROGES.

On observe depuis quelques années une tendance à réduire la cassette audio à un unique rôle décoratif, comme si le seul attrait qu’on puisse lui trouver ne savait être que visuel et non pas sonore aussi paradoxal que cela puisse paraître!

On n’agirait pas différemment avec un objet obsolète… Confinant à l’absurde, les détracteurs de la cassette sont souvent les premiers à s’affubler d’une kyrielle d’objets tels que clé usb en forme de cassette, coque de smartphone d’apparence cassette, etc, en passant par la table basse en forme de cassette géante supportant ces objets éphémères.

WAVNA n’adhère pas à cette propagande visuelle qui ne saurait réhabiliter la cassette pour sa fonction originelle. Le duo prend d’ailleurs à contrepied la tendance actuelle des fabricants qui produisent des baladeurs numériques en forme de cassette, en présentant son dernier album « Nouvelle recherche » sur cassette audio dans un boîtier ayant l’apparence d’un walkman…

illustration 1

parallèle bande et k7

La bande magnétique est à la musique ce que l’argentique est à la photographie.

Sur les magnétophones à bandes il faut installer une à une les bobines sur leurs axes et établir manuellement soi-même le chemin de bande entre les galets, cabestans, et têtes.

La cassette audio consiste en une pré-installation de ces bandes dans un boîtier plastique adapté.

 La cassette audio a des ressources sonores trop méconnues du grand public. La bande magnétique qu’elle embarque dans son boîtier est en effet largement capable de supporter des enregistrements audio aux fréquences comprises entre 20 hertz et 20 000 hertz (soit la capacité maximale de l’audition humaine). Tout dépend du type de cassette (« normal », « CrO2 », ou « métal » ), des performances  du lecteur de cassette utilisé (spécifications techniques sérieuses), et de l’entretien et du soin apporté par l’utilisateur à son matériel.

 

WAVNA espère une véritable prise de conscience chez les auditeurs des atouts sonores de cette fabuleuse invention créée par la marque Philips en 1963. Il est regrettable que la folle course ambiante au tout-numérique entraîne avec elle la disparition de la matérialisation de la musique et des techniques analogiques pourtant sur certains points toujours inégalées.

C’est pour cela que Richeart LACROIX et Patrick TERRACOL CHAMPIN mettent l’analogique en avant à travers leurs créations et par l’utilisation d’instruments utilisant notamment cette technologie.